Journalisme et nouvelles technologies: Apocalypse Now?

Publié le par Anthony

A l'issue d'un séminaire animé il y a quelque temps par Charles de Laubier (rédacteur en chef du groupe les Echos), traitant des nouvelles technologies de l'information et de la communication (plus couramment appelées NTIC), et de leur impact sur la presse écrite (bientôt la fin?), on nous a demandé de rédiger un article, sorte de compte-rendu des éléments importants évoqués, sous la forme que l'on voulait. Pris d'un vent d'originalité folle, je me suis décidé pour un classique article de presse écrite...


Journalisme et nouvelles technologies : Apocalypse Now ?

 
    
Charles de Laubier, rédacteur en chef au sein du groupe Les Echos, animait mercredi au CFJ (centre de formation des journalistes), un séminaire intitulé « NTIC et transformations du journalisme ». L’occasion de faire le point sur l’importance des évolutions technologiques et leurs conséquences pour les futurs professionnels.

      « La presse telle que vous la connaissez a cessé d’exister. Le quatrième pouvoir s’est affaibli. Les organes de presse du 20ème siècle ne sont que […] les restes isolés d’un passé proche. » L’affirmation, pour le moins désabusée, n’est en réalité que le prologue d’une fiction intitulée EPIC 2015, un film qui circule sur internet et raconte la fin apocalyptique de la presse écrite face au monstre « Googlezon », fusion entre Google et Amazon. Vision cataclysmique irréaliste ou rêve prémonitoire ?

     Autour d’une longue table jonchée de journaux et de grilles de sudoku à moitié remplies, 36 futurs journalistes ont pu réfléchir mercredi à l’impact que les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont déjà sur leur futur métier. Et prendre la mesure des tendances lourdes à l’œuvre.

     Plus optimiste que les auteurs d’EPIC 2015, Charles de Laubier, auteur d’un « Que sais-je » intitulé « La presse sur internet », tempère leur sombre perception du futur. Et  reprend les mots d’un autre spécialiste des médias, Philip Meyer : « Vous apprenez le journalisme que moi j’ai connu à mon époque, ça c’est la mauvaise nouvelle. Mais la bonne nouvelle, c’est que vous devez inventer le journalisme de demain. » Une formule lapidaire, qui résume assez bien le message global de la journée, tant le métier est en mutation.

     En effet, au traditionnel triptyque journaux/radio/télévision, explique M. de Laubier, il faut désormais ajouter de nouvelles composantes, à commencer par internet. Même sans aller jusqu’à suivre les suppositions de Bill Gates, qui annonce déjà que « 40 à 50% des gens liront la presse en ligne » en 2010, l’engouement pour les e-journaux, très réactifs et consultables à peu de frais (souvent gratuitement), reste impressionnant. Ainsi, lemonde.fr, qui vient de fêter ses dix ans, a compté plus de vingt millions de visites en novembre.

     Autre adversaire sérieux pour les médias traditionnels : les téléphones portables, et leurs réseaux souvent directement alimentés par les agences de presse… Où par des sources propres. Ainsi, c’est sur le site d’Orange que Zinedine Zidane avait annoncé en exclusivité la nouvelle de son retour en équipe de France en août dernier, preuve que les médias traditionnels sont en concurrence accrue avec des adversaires jusque-là insoupçonnés.

 « Web 2.0 »

      Concurrence des nouveaux formats d’information, donc, mais aussi avec une nouvelle forme de journalisme, non professionnelle. Oubliez les formats papiers, l’avenir est aux « wikis » et aux « blogs. » Les premiers sont une source d’informations collective, que chacun peut modifier rapidement grâce à ses propres connaissances (wiki signifie «vite » en hawaïen). Quant aux seconds, au nombre de 30 millions aujourd’hui, il s’agit de journaux dits « extimes », où l’auteur peut poster opinions personnelles et informations, devenant ainsi une sorte de journaliste amateur. « A travers cette idée que chacun peut être journaliste, est-ce que l’on ne nie pas la spécificité même du métier ? », interroge un étudiant. Et de s’inquiéter : « A la limite, si c’est le cas, on se demande même pourquoi on est formé ici pendant deux ans ! ». Le point soulevé est crucial : le professionnel de l’information de demain n’aura pas seulement à s’adapter à de nouveaux formats, il devra aussi « sortir de sa tour d’ivoire », composer avec des lecteurs qui peuvent réagir en temps réel à ses propos, voire le corriger. Nous sommes entrés dans l’ère du « Web 2.0 », un internet « plus dynamique, où l’opinion publique devient intelligence collective ».

    A l’aune de cette analyse, le journaliste a-t-il encore un rôle à jouer ? Où est-il voué à être phagocyté par un « mediascape » qui n’a plus besoin de lui ? On peut se poser la question lorsque l’on voit, par exemple, que certains sites, comme Google News ou Search Yahoo, proposent une information provenant de sources multiples, triée informatiquement, sans intervention humaine, se vantant par là même d’éviter tout parti pris idéologique.

     Des évolutions essentielles, que les nouvelles générations de journalistes doivent absolument prendre en compte. « Philip Meyer prédit la fin de la presse écrite en 2043, si elle ne se renouvelle pas », rappelle Charles de Laubier. Se renouveler, ne plus se satisfaire de l’information brute que l’on peut trouver ailleurs et à moindre coût, apporter de la « valeur ajoutée », sous forme d’enquêtes plus poussées, d’analyses. « Mes lecteurs en savent plus que moi », annonçait récemment Dan Gillmor, ex-chroniqueur du San Jose Mercury News : dans un monde où une information souvent gratuite abonde, le lecteur cherche quelque chose de plus que l’actualité brute. Tel est le cap à passer, pour que ce que Jean Gustave Padioleau, organisateur du séminaire, appelle « destruction créatrice des médias », soit une réussite.

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V
en effet bonne question : auel est la frontiere entre journaliste et blogger ?<br /> a q uoi sert un diplome de journalisme?<br /> <br /> moi meme j en ai pas la reponse
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A
Je suis assez d'accord avec toi Vik (on peut se tutoyer? ;-) )lorsque tu dis que les infos trouvées sur internet ne sont pas les mêmes que celles d'un "vrai" journal en ce sens qu'elles offrent moins d'une analyse de fond que du factuel et de l'instantané. Il est très clair que dans un futur très proche, la presse écrite, si elle veut survivre, devra jouer de cette spécificité, s'appuyer sur sa qualité d'analyse, qui est sa "valeur ajoutée" par rapport à une information que l'on peut aisément trouver pour pas un sou...<br /> <br /> En revenche, j'ai peur d'avoir été mal compris dans mes commentaires sur les bloggers : je ne les vois absolument pas comme des "chevaliers blancs", mais plutôt comme de nouveaux "concurrents" des medias traditionnels, en ce sens qu'un "amateur" peut bidouiller chez lui sa petite soupe, transmettre des informations, des photos, le tout sans aucune formation et gratuitement. Est-ce que ce n'est pas là tuer la spécificité même du métier de journaliste? Est-ce que le simple fait de mettre une information en ligne fait de quelqu'un un journaliste? Je n'ai pas de réponse définitive à ces questions, mais il est très clair que la profession mais aussi les "consommateurs" des medias (association de mots étrange...) devront se les poser.<br /> <br /> Pierrep, pour la date de 2043, je n'ai pas d'explication, j'imagine qu'il s'agit d'une estimation plus ou moins précise, mais il est vrai que donner une date si précise est assez étonnant :-p
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P
je ne te trouve pas spécialement péssimiste, mais je ne sais pas comment le "mamifère omnivore" qu'est Mr Meyer peut avancer une date comme 2043?????éclaire ma lanterne...<br /> je reste aussi dubitatif quand à parler "d'intelligence collective" au sujet des utilisateurs des journaux numériques...autant parler de la manipulation des foules (cf le fameux Dr goebels...)<br /> j'ai pourtant l'impression que la voie numérique peu permettre à de l'information de passer certaines frontières (chine, corée, russie, iran....)bien que les nombreux "grands frères" essayent de tout controler.<br /> je pense que les journalistes ont encore de beaux jours devant eux si, ils savent se remettre en question et s'affranchir des pouvoirs politiques.
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P
je ne te trouve pas spécialement péssimiste, mais je ne sais pas comment le "mamifère omnivore" qu'est Mr Meyer peut avancer une date comme 2043?????éclaire ma lanterne...<br /> je reste aussi dubitatif quand à parler "d'intelligence collective" au sujet des utilisateurs des journaux numériques...autant parler de la manipulation des foules (cf le fameux Dr goebels...)<br /> j'ai pourtant l'impression que la voie numérique peu permettre à de l'information de passer certaines frontières (chine, corée, russie, iran....)bien que les nombreux "grands frères" essayent de tout controler.<br /> je pense que les journalistes ont encore de beaux jours devant eux si, ils savent se remettre en question et s'affranchir des pouvoirs politiques.
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V
je vous trouve assez pessimiste car meme si yahoo actu et consort permettent de se renseigner en un seul clic,cela ne reste que des services de depeche, il ny a pas d analyse de fond, tout est trop brut alors que le journaliste rappellent les tenant et les aboutissant de tel ou tel evenements.Certe la presse en tant que 4 eme pouvoir a disparu ( ex au USA) et en france, la presse n' as plus aucun role d'investigation, elle se contente de coup mediatique qui retombe comme des soufflés ( ex l affaire l'Elf, outreau etc) .cependant je ne pense pas que les blogger seront les chevaliers blanc de la presse car l infos sur le net est trop brut, il n y a pas de verication de source etc .... . En fait si elle veut survivre la presse tradi devra sans cesse aller au dela des depeches : etre plus curieuse,aller au plus au fond des chose, moins publicitaire aussi.et surtout il faudrait que les journalistes soient plus humbles...
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