Du foot, oui, mais avec les mains
Ma dernière contribution au journal école : un insolite sur le football de table (oui oui, vous avez bien lu), une activité qui passionne une centaine de français au point qu'ils organisent des championnats et des tournois nationaux et internationaux... Sur la photo, vous pouvez voir Axel et Thomas, deux joueurs du FTC Issy-les-Moulineaux, lors d'une partie d'entraînement. Pour plus d'informations sur cette activité méconnue, vous pouvez visiter ce site, où tout vous est expliqué...
Du foot, oui, mais avec les mains
« Moi j’ai été sélectionneur de l’équipe de France », annonce Emmanuel après un long monologue sur les subtilités du hors-jeu. A Issy, on joue sérieux. Et on veut montrer au reste du monde que ce football au ras des pâquerettes n’est pas à prendre à la légère : « A Malte, un joueur de football de table va peut-être être élu sportif de l’année », lance avec conviction l’intarissable vice-président. Et de nous parler sérieusement des transferts de joueurs en Italie, financés par des « millionnaires mécènes ». Quant à Thomas, son adversaire du jour, il confie qu’ « Aimé Jacquet utilisait les joueurs de subbuteo pour faire ses tactiques. » Peut-être croit-il que ces poupées footballistiques ont été l’unes des clés de la victoire de 1998… Superstitieux, les footeux ? Pas qu’un peu. Si tous clament bien haut qu’ils choisissent leur équipe fétiche d’abord parce que certaines figurines correspondent à leur style de jeu, ça n’empêche pas certains d’invoquer à voix haute les bonnes grâces de Thierry Henry lorsque leur buteur est en position de tirer. Ni Emmanuel de toujours garder avec lui un personnage porte-bonheur du PSG, ou de réprimander Thomas, qui fait joujou avec « son » gardien de but. Au FTC Issy-les-Moulineaux, on ne badine pas avec les figurines. Ni avec le hobby en général d’ailleurs.
Un passe-temps qui tourne parfois à la monomanie, tant il est coûteux en temps et en argent : les fondus du foot de table avouent dépenser plus de 200 euros par mois. Pas grave, c’est leur seule passion ; le reste, ces obsédés du but s’en footent : « On a pas de vie, s’amuse Thomas, c’est un peu comme une secte. » Une secte qui compte environ 130 adeptes en France, qui s’entraînent chaque semaine et avalent les kilomètres pour aller pousser avec obstination une bille de plastique dans des mini-buts. « On peut être champion de France, c’est quelque chose quand même ! », s’exclame Axel, un troisième joueur, une étincelle dans les yeux. Avant de conclure : « on est tous des fous de foot. » Elle est là, la motivation de ces grands gamins : gagner des tournois et s’imaginer en champions du ballon rond. Jouer à Zidane avec des figurines en plastique sur un Stade de France en feutrine verte, tel est le rêve que ces doux dingues réalisent chaque mardi soir.